La cloison, paroi pleine du compartimentage
Une cloison coupe-feu est une paroi pleine construite pour diviser un bâtiment en compartiments
étanches au feu. C’est l’élément structurant du compartimentage : là où le calfeutrement rebouche des
passages et où la porte gère un point d’ouverture, la cloison constitue la séparation continue qui
contient un incendie dans une zone. Cette prestation porte sur la construction de la paroi, à
distinguer de la porte RF qui s’y intègre et des clapets qui traitent les gaines.
Techniquement, une cloison coupe-feu se monte sur une ossature métallique habillée de plaques
résistantes au feu, en simple, double ou triple parement selon la résistance recherchée. Plus le niveau
visé est élevé, plus le nombre de parements et l’épaisseur augmentent.
Les classes EI60, EI90, EI120 indiquent la durée de résistance de la cloison construite. Elles
qualifient le système posé, pas l’entreprise, et découlent du niveau de compartimentage exigé.
Construire un compartiment dans l'existant
Le cas fréquent, c’est la création d’un compartiment dans un bâtiment existant : isoler un local,
diviser un plateau, mettre en conformité après un avis de prévention. Le point sensible n’est pas la
cloison elle-même mais ses jonctions : raccord au sol, au plafond, aux murs en place et autour des
réseaux qui la traversent. Une cloison parfaitement montée mais mal raccordée laisse un passage par lequel
feu et fumées contournent la paroi.
La cloison ne vit donc jamais seule : elle s’accompagne de la réservation et de l’intégration des portes
RF et du calfeutrement des passages de câbles et tuyaux. C’est l’ensemble — paroi, porte, traversées
— qui forme un compartiment réellement étanche.
À noter : une cloison coupe-feu offre généralement aussi une isolation acoustique appréciable, qui
peut être renforcée si l’usage du local le demande.
Épaisseur, étude et certification
L’épaisseur est une donnée à anticiper : elle dépend du niveau de résistance. Une cloison EI60
standard se situe autour d’une centaine de millimètres (ossature et double parement), et une EI120 demande
davantage. Dans un local contraint, ce paramètre peut orienter le choix du système ; l’objectif est
d’optimiser l’épaisseur sans descendre sous la classe certifiée.
L’intervention suit une séquence claire : étude du compartimentage (définir les parois selon
l’exigence), traçage et pose de l’ossature avec réservations pour les portes, montage des parements selon
la classe visée, puis finitions, intégration des portes RF et attestation de conformité. Cette
attestation, adossée aux PV d’essai des systèmes posés, rend la cloison recevable lors d’un contrôle.
Le devis se construit sur le niveau de résistance, la surface et les finitions, les portes RF étant
chiffrées à part. Aucun tarif de référence officiel n’existe : le chiffrage suit un relevé des surfaces.