Renforcer l'horizontal, pas le vertical
Cette prestation traite spécifiquement les structures horizontales : planchers et plafonds. Elle se
distingue des cloisons (qui compartimentent verticalement) et de la protection des poutres et poteaux
(niveau 2). L’objet ici, c’est la séparation au feu entre deux niveaux d’un bâtiment, ou la tenue au
feu d’un plancher porteur.
Le cas le plus fréquent est le plancher bois ancien, courant dans le bâti belge, qui n’offre pas la
résistance au feu attendue par la réglementation actuelle. Plutôt que de le déposer et de reconstruire
une dalle, on le renforce par l’existant : pose d’un habillage en plaques coupe-feu en sous-face,
flocage ou traitement de surface selon la configuration. Le principe est de retarder le passage du
feu d’un étage à l’autre et de préserver la portance du plancher le temps requis.
L’intervention concerne aussi les plafonds techniques et les sous-faces de dalle qui doivent
compartimenter sans être démolis.
Une logique de mise en conformité de l'existant
L’intérêt de cette solution, c’est qu’elle s’applique sans reconstruire la structure. Pour un
bâtiment existant — immeuble ancien, transformation, mise en conformité après un avis de prévention —
reconstruire un plancher ou une dalle est lourd, coûteux et souvent impossible sans vider les lieux. Le
renforcement coupe-feu par habillage ou flocage se pose sur la structure en place.
La principale contrainte est la hauteur sous plafond : un habillage en sous-face ajoute quelques
centimètres, ce qui peut poser problème dans un local déjà bas. Le choix entre plaques, flocage ou
traitement dépend donc à la fois de la résistance visée, de la nature du support et de l’épaisseur
acceptable.
Les classements EI mentionnés qualifient le système de renforcement posé, pas l’entreprise. Le niveau
retenu (EI30, EI60, EI90) découle de l’exigence applicable à la séparation entre les niveaux concernés.
Diagnostic, pose et certification
L’intervention commence par un diagnostic de l’existant : analyser la structure en place pour
déterminer le renfort nécessaire et la solution réalisable. Un plancher bois ne se traite pas comme une
dalle béton, et tous les locaux ne tolèrent pas la même épaisseur ajoutée.
Vient ensuite la préparation (protection des locaux, échafaudage si besoin), la pose du système
retenu, puis les finitions et l’attestation. Le point qui rend le travail recevable lors d’un
contrôle, c’est que le système posé s’appuie sur un PV d’essai feu : c’est ce document qui atteste sa
classe de résistance.
Côté devis, les facteurs déterminants sont la résistance visée, la surface à traiter, la nature du support
et l’accès. Cette voie est généralement moins lourde qu’une reconstruction, mais aucun tarif de référence
officiel n’existe : le chiffrage se fait après visite technique.